Thèses soutenues | 2019

Ilknur KURSUNLUGIL

Portrait KURSUNLUGIL Ilknur

Coordonnées professionnelles

kursunlugil[at]gmail.com

Thèse de doctorat en Territoires, sociétés et développement soutenue le 11 décembre 2019 à l'EHESS, sous la co-direction de Hamit BOZARSLAN et de Thomas FAIST :

Turkey Under Construction: urban megaprojects in the process of establishing a new country and creating a new nation

Résumé
 

Comme un « nouvel animal politique et matériel », les mégaprojets urbains (MPUs) représentent aujourd’hui une réalité urbaine répandue tout autour du monde. Depuis, les MPUs ne cessent de transformer la ville, ainsi que la vie sociale et politique du pays, notamment à travers les politiques économiques qui visent à maintenir le secteur de la construction et, par la même occasion, contribuent fortement à l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie conservatrice proche du gouvernement d’AKP. L’objectif de cette thèse est de comprendre comment un objet technique sert comme une nouvelle « technologie du pouvoir » qui transforme non seulement des geographies, mais aussi profondément les entités sociales. Pour cela, elle propose d’étudier deux mégaprojets d’infrastructure, dont le pont de Yavuz Sultan Selim et le Grand Aéroport d’Istanbul. Cette thèse propose de suivre une approche complémentaire à cette littérature, qui considère la mobilisation des investissements de l’Etat de mégaprojets urbains par le gouvernement comme une méthode stratégique pour recréer et distribuer la rente foncière, pour stimuler l’économie, pour gouverner à la fois le discours politique et la narration développementaliste, et, enfin, pour restructurer les relations socio-spatiales et la mémoire collective. Dans cette approche, les infrastructures sont conceptualisées dans le contexte plus général des assemblages du capital et du pouvoir, où elles ont la capacité de transformer non seulement les terres, mais aussi les relations de nature sociale. Ainsi, la théorie de l’assemblage est mobilisée pour étudier ces différents aspects des mégaprojets urbains, tant du point de vue des acteurs qui y sont impliqués dans et touchés par ces derniers, que du point de vue des symboles et des idées qui les entourent. L’argument principal de cette thèse est que l’investissement des infrastructures de grande ampleur offre au gouvernement Turc, un ensemble d’outils, de politiques, de moments et d’espaces stratégiques et tactiques, qui permettent d’intervenir sur le plan économique et de légitimer les discours hégémoniques, tout en transformant le pays et la société en profondeur et de manière incontournable, à travers du « béton ». La première partie qui porte sur la capacité transformative des infrastructures, analyse la mobilisation de divers mécanismes autour des deux projets étudiés, tels que les modifications législatives, l’expropriation des terres et des ressources naturelles, les contrats publics pour le développement d’infrastructures urbaines et les partenariats public-privé dans le secteur de la construction. La deuxième partie porte sur la manière dont AKP a réinventé les mégaprojets d’infrastructure présumément pour contribuer au développement et à la pérennisation d’une nouvelle bourgeoisie conservative. La troisième et dernière partie explore enfin le contexte commun des dirigeants politiques et économiques de la Turquie, à travers l’analyse des waqfs. Elle montre que comme le point focal des « aspirations et des visions grandissantes » d’Istanbul, les mégaprojets urbains constituent également le terrain de réinvention de l’identité nationale. Cette identité réinventée est en réalité une réincarnation des origines Ottomane, Islamique et Turkic de la Turquie et est animée par les symboles, les rituels et les représentations fondées sur la glorification d’un passé ottoman. En somme, alors que « l’économie du don » qui est remodelé à l’ère d’AKP autour de secteur de la construction permet à certains groupes sociaux de s’encastrer dans le système politique et économique, elle produit également de l’exclusion pour des groupes dissidents.

Jury

  • M. Hamit Bozarslan (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Thomas Faist (Directeur de thèse), University of Bielefeld
  • Mme Vanesa Castan Broto, University of Sheffield
  • Mme Martine Drozdz, CNRS
  • M. Laurent Dissard, Université de Pau et des Pays de l’Adour
  • M. Jean-François Pérouse, Université Toulouse Jean Jaurès
  • M. Eric Verdeil, IEP Paris

Mots clés

Méga-projet urbain, Infrastructure, Agencement, Encastrement, Waqf, Istanbul, Akp, Turquie contemporaine

EHESS

theses.fr

EHESS
CNRS
Collège de France

flux rss  Actualités

Soutien du CETOBaC aux candidates et candidats aux concours 2022 de chargés de recherches au CNRS

Communiqué -Avis du CETOBaC aux candidates et candidats au concours chercheurs 2022 du CNRS(English version below) Bonjour, Le concours chercheurs du CNRS sera ouvert le 7 décembre 2021. Les candidates et candidats qui souhaiteraient solliciter le soutien du Centre d’études turques, ottomanes, b (...)(...)

Lire la suite

Revues de sciences sociales et Balkans contemporains

Table ronde - Lundi 6 décembre 2021 - 16:00Cette table ronde réunit les artisans de trois revues françaises de sciences sociales consacrées aux Balkans modernes et contemporains. L'objectif est de réfléchir aux spécificités d’une approche qui croise aire culturelle et sciences sociales ainsi qu’ (...)(...)

Lire la suite

Des impensés de l’islam turc: méthodes et perspectives de recherche

Journée(s) d'étude - Lundi 29 novembre 2021 - 09:45Cet atelier doctoral sera l'occasion de questionner l’islam turc, à la fois comme objet et comme concept, au moyen d'une réflexion collective sur et à partir de la notion d'impensé. D'abord pour faire le constat d'un manque, de la part restée -p (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

Campus Condorcet / EHESS
CETOBaC (UMR8032)
2, cours des Humanités
93322 Aubervilliers Cedex
France
✆ : 01 88 12 04 11
umr8032@ehess.fr

Secrétariat/Communication/Web
Alexandra CARVALHO

Gestion financière
Delphine LESIEUR

Facebook
CETOBaC

Twitter
@CETOBaC_lab