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Collection Meydan

Meydan
Turquie, Balkans, Asie centrale au prisme des sciences sociales

Meydan est une collection pluridisciplinaire du CETOBaC (Centre d’Études Turques, Ottomanes, Balkaniques et Centrasiatiques (CNRS, EHESS, Collège de FRance), dirigée par Nathalie Clayer.

Elle accueille des études résultant de recherches originales sur les sociétés contemporaines d’une vaste aire géographique s’étendant des Balkans à l’Asie centrale, en passant par la Turquie. Elle entend apporter des éclairages sur les transformations politiques et sociales qui se sont produites dans ces régions  depuis le xixe siècle, en privilégiant les approches décentrées et des analyses en termes d’acteurs. La collection entend articuler ancrage empirique et contribution critique aux débats actuels en sciences sociales.

Membres du comité scientifique : Marc Aymes, Xavier Bougarel, Stéphane Dudoignon, Benoît Fliche, Élise Massicard.

Cette collection est publiée chez Karthala.

N°6 :
Sortir de la guerre en Bosnie-Herzégovine. Une sociologie politique du témoignage et de la civilité

JOUHANNEAU Cécile (03/10/2016)
Sortir de la guerre en Bosnie-Herzégovine. Une sociologie politique du témoignage et de la civilité

Pour comprendre les dynamiques sociales et politiques à l’œuvre au sortir d’un conflit, cet ouvrage prend pour objet les mémoires de la guerre de 1992-1995 en Bosnie-Herzégovine. Dans une démarche de sociologie politique, l’auteure y explore les conditions sociales de l’expression des souvenirs de la détention en camps entre 1992 et 2010. Que nous apprennent-elles sur une société qui a connu des transformations aussi profondes que celles liées à la violente désintégration de la Yougoslavie socialiste ?
À partir d’entretiens et d’observations ethnographiques, et grâce au dépouillement d’un large corpus d’archives écrites, l’auteure réfute l’hypothèse selon laquelle les mémoires de la guerre seraient clivées selon des lignes ethnonationales. Certes, l’ouvrage met au jour un processus de politisation nationaliste des récits publics de la détention, dès les années de conflit. La prise en charge de la guerre par la justice pénale internationale favorise paradoxalement la construction par des acteurs politiques et militants bosniens d’une figure du détenu de camp comme témoin par excellence de la nature de la guerre. Toutefois, en déplaçant le regard vers l’échelle locale, l’auteure constate les limites de la politisation nationaliste des récits de la détention. En effet, le devoir de témoignage assigné aux individus y entre en concurrence avec des normes de civilité retravaillées au quotidien. Loin de l’image d’une « guerre des mémoires » ethnonationale, cet ouvrage donne à voir, dans les interactions locales, l’évitement de la politique et la discrétion de ceux qui ont été érigés en témoins.
Cette sociologie politique d’une société post-socialiste en sortie de guerre vient ainsi nourrir trois grands chantiers de recherche : les travaux sur l’engagement en tant que victimes, les recherches sur l’action collective hors des démocraties dites consolidées et les études des interventions internationales de construction de la paix. En somme, cet ouvrage contribue à l’exploration de la fabrique du politique et de la civilité au sortir d’une guerre.

L’auteur

Cécile Jouhanneau est maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paul Valéry Montpellier / ART-Dev. Ses recherches portent sur les sorties de guerres et les politiques européennes et internationales de construction de la paix. Elle a obtenu le Prix de thèse 2014 de l’Institut universitaire Varenne.
ISBN 9782811116538

N°5 :

Survivre aux empires. Islam, identité nationale et allégeances politiques en Bosnie-Herzégovine
 
BOUGAREL Xavier (21/05/2015)
Survivre aux empires. Islam, identité nationale et allégeances politiques en Bosnie-Herzégovine

Entre 1992 et 1995, la Bosnie-Herzégovine a été le théâtre d’une guerre sanglante, symbolisée par le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica. Depuis, elle reste tiraillée entre les aspirations divergentes de ses trois communautés bosniaque (musulmane), serbe (orthodoxe) et croate (catholique). Toutefois, l’histoire post-ottomane de la Bosnie-Herzégovine n’est pas seulement marquée par la montée des idéologies nationalistes, mais aussi par la rémanence des logiques impériales. Du reste, de 1918 à 1992, la Yougoslavie fut-elle autre chose qu’un petit Empire sud-slave ?
Dans ce contexte, l’histoire des musulmans bosniens reste singulière. Jusqu’aux années 1960, ceux-ci restent en effet étrangers à toute identification nationale et se replient sur leur identité religieuse. En 1968 seulement, la Yougoslavie communiste reconnaît l’existence d’une nation musulmane. Mais, dans le même temps, la modernisation accélérée de la société bosnienne se traduit par sa sécularisation rapide. En 1993, alors que la guerre fait rage, le nom national « Musulman » est abandonné au profit du nom « Bosniaque », mais la mise en avant de l’islam comme élément central de la nouvelle identité bosniaque s’accompagne de diverses tentatives de réislamisation. Finalement, les dirigeants bosniaques n’assurent la survie de leur communauté qu’en internationalisant le conflit bosnien et, jusqu’à aujourd’hui, ils restent confrontés aux paradoxes constitutifs de l’identité nationale bosniaque.
Basé sur de nombreux séjours sur le terrain et sur une connaissance intime des sources écrites, cet ouvrage constitue une analyse novatrice de l’histoire post-ottomane et post-communiste des musulmans bosniens. Il explore des aspects méconnus de la crise yougoslave, rend compréhensibles les ambiguïtés autour desquelles s’est constituée l’identité nationale bosniaque, reconstitue les transformations de l’islam bosnien, de la fin de l’époque ottomane à nos jours. Ce faisant, il renouvelle les réflexions sur les guerres et les après-guerres de l’espace yougoslave, sur la constitution des identités nationales et la force des héritages impériaux en Europe de l’Est, et sur la présence de l’islam en Europe.

L’auteur

Xavier Bougarel est chercheur au CNRS, rattaché au Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques à Paris, et au Centre Marc-Bloch à Berlin. Il est l’auteur de Bosnie, anatomie d’un conflit (1996) et, avec Nathalie Clayer, de Les musulmans de l’Europe du Sud-Est. Des empires aux États-nations(2013). Il a co-dirigé plusieurs ouvrages collectifs dont The New Bosnian Mosaic (2007) et Investigating Srebrenica (2012).
ISBN : 9782811113070

N°4 :

L'art de l'Etat en Turquie. Arrangements de l'action publique de la fin de l'Empire ottoman à nos jours

AYMES Marc, GOURISSE Benjamin, MASSICARD Élise (dir.) (07/01/2014)
L'art de l'État en Turquie. Arrangements de l'action publique de la fin de l'Empire ottoman à nos jours

L’État turc est généralement présenté comme fort. La tradition bureaucratique de l’Empire ottoman se serait perpétuée, voire renforcée, durant la période républicaine. L’État est ainsi perçu comme une entité unifiée et douée de volonté, comme une instance souveraine nettement différenciée de la société et largement imperméable aux demandes sociales. Il est souvent considéré aussi comme l’acteur principal, voire unique, d’un processus de « modernisation » et d’« occidentalisation » volontariste de la société.
Partant du constat d’un décalage entre ces manières de concevoir les modes de gouvernement en Turquie, d’une part, et les apports de la socio-histoire du politique et de la sociologie de l’État et de l’action publique, d’autre part, cet ouvrage entend dépasser l’idée d’un État monolithique et autonome. Ainsi se donne-t-il pour objectif d’ouvrir la « boîte noire » de l’État, qu’il analyse comme un système de positions complexe et mouvant. À cette fin, il observe la puissance publique en action et s’intéresse aux multiples acteurs qui interviennent dans l’action publique.
Ordonner et transiger : telle est la double face de l’action publique. Elle apparaît comme l’articulation de la légalité et de la légitimité : travail d’homologation, projections d’un ordre sur la distance et la durée, conversion d’une force en droit ou réciproquement, opérations conjointes d’objectivation et de subjectivation. Mais dans le même mouvement se négocient des alliances et des transactions entre domaines privé et public, d’où l’indécision des périmètres d’intervention et les luttes dont la chose publique est la cause.
Ce livre est le fruit d’un travail collectif rassemblant historiens, politistes, sociologues, anthropologues et géographes, sur des objets aussi divers que la politique religieuse, les effets socialisateurs du service militaire, l’identification des citoyens ou la production de faux, de la fin de l’Empire ottoman à nos jours. Ils ont cependant en commun de mettre en perspective l’analyse des discours officiels avec les pratiques concrètes de l’action publique, d’éclairer des clivages internes aux institutions et de souligner les chevauchements entre appareil d’État et société.
Loin de s’adresser aux seuls spécialistes de l’Empire ottoman et de la Turquie, cet ouvrage a sa place dans le débat intellectuel sur la sociologie de l’État, la socio-histoire des institutions et l’analyse de l’action publique.

La table des matières de cet ouvrage est consultable : http://www.karthala.com/meydan/2771-l-art-de-l-etat-en-turquie-arrangements-de-l-action-publique-de-la-fin-de-l-empire-ottoman-a-nos-jours-9782811110253.html
ISBN : 9782811110253

N°3 :

Fiction nationales. Cinéma, empire et nation en Ouzbékistan (1919-1937)

DRIEU Cloé (25/07/2013)
Fictions nationales. Cinéma, empire et nation en Ouzbékistan (1919-1937)

L’Union des républiques socialistes soviétiques formait-elle un empire ? Comment les États-nations d’Asie centrale – et l’Ouzbékistan en particulier – ont-ils émergé et comment se sont-ils consolidés à la veille de la Seconde Guerre mondiale ? Comment se traduit la violence stalinienne dans la région ? C’est en étudiant le cinéma de fiction produit dans l’entre-deux-guerres en Ouzbékistan que Cloé Drieu répond à ces questions et expose précisément les mécanismes d’assujettissement, tant institutionnels que symboliques, de la périphérie ouzbèque au centre moscovite.
En effet, le film, parce qu’il est au cœur d’enjeux politiques et économiques, mais aussi parce qu’il relève de la construction d’imaginaires, tant nationaux qu’impériaux, est un fil conducteur singulier. De 1924, date de naissance politique (création de l’Ouzbékistan soviétique) et cinématographique (réalisation du premier film de fiction), à 1937, date de la terreur stalinienne mais aussi du passage au cinéma parlant, le film suit les circonvolutions de l’histoire tragique des premières élites nationales dans le premier tiers du xxe siècle. Comment les cinéastes ouzbeks se sont-ils emparés de la caméra ? Quels regards ont-ils porté sur l’aventure révolutionnaire ? Comment l’ont-ils traduite cinématographiquement ? Et, finalement, comment ont-ils perdu, temporairement, l’usage de la « parole cinématographique » ?
Fruit d’une dizaine d’années de recherches sur des documents filmiques et administratifs consultés dans les archives nationales ouzbèques ou dans divers sites archivistiques à Moscou, cet ouvrage offre un regard neuf sur l’histoire du cinéma soviétique, en s’intéressant à un cinéma national inconnu jusqu’alors. Mais surtout, en privilégiant un regard décentré pour donner la priorité à la périphérie, il permet de saisir la constitution des grandes matrices idéologiques, encore majoritairement à l’oeuvre aujourd’hui. En abordant les questions de domination, d’hégémonie et de violence, d’empire et de nation, de résistance et de consentement, il s’insère pleinement dans les débats actuels des sciences sociales.

L’auteur

Cloé Drieu est historienne de l’Asie centrale, chargée de recherche au CNRS au sein du Cetobac. Après s’être intéressée au « premier stalinisme », elle travaille désormais sur la Première Guerre mondiale et ses conséquences dans la région.
ISBN : 9782811108601

N°2 :

Ordre et désordres dans l'Istanbul ottomane (1879-1909)

LÉVY-AKSU Noémi (20/12/2012)
Ordre et désordres dans l'Istanbul ottomane (1879-1909)

Capitale de l’Empire ottoman, ville-port caractérisée par une grande diversité ethnique et confessionnelle, Istanbul est à la fin du xixe siècle une métropole de près d’un million d’habitants, où les enjeux liés à l’ordre public sont particulièrement sensibles. Avec les Tanzimat (réformes de l’État ottoman) et les changements économiques et sociaux du long xixe siècle, la définition de l’insécurité, le dispositif de maintien de l’ordre et les formes de contestation de l’ordre établi connaissent d’importantes transformations. C’est cette nouvelle configuration qui est ici étudiée, de la fin des années 1870 à 1909, période marquée par le règne autoritaire d’Abdülhamid II et la révolution jeune-turque de 1908.
Confronté aux défis posés par les migrations, les contestations politiques et les nouvelles formes de sociabilité, le pouvoir fait de la préservation de l’ordre politique, social, moral et religieux une priorité absolue. L’institutionnalisation de la police et son déploiement dans la capitale ont pour corollaire une redéfinition des priorités de l’action des forces de l’ordre et de leurs modes d’intégration dans la ville, processus qui s’inscrit dans un mouvement européen de réforme du maintien de l’ordre. L’ouvrage se concentre sur les nouvelles formes d’interactions, de coopérations ou de rivalités entre les différents acteurs de l’espace urbain : l’institution policière, principale responsable du maintien de l’ordre dans la capitale, les « agents intermédiaires » tels les bekçi (veilleurs de nuit) ou les kabadayı (sortes de caïds), et la population locale.
Des déviances quotidiennes à la stigmatisation des classes populaires arméniennes, des rondes policières à la pression sociale dans les quartiers, cet ouvrage offre un éclairage nouveau sur les multiples facettes des relations entre l’État et la société à la fin de l’Empire ottoman. Il apporte aussi une contribution originale à l’historiographie de l’ordre public et du maintien de l’ordre en Europe.

L’auteur

Historienne de l’Empire ottoman, Noémi Lévy-Aksu est docteure de l’EHESS et maître de conférences au département d’histoire de l’Université du Bosphore à Istanbul.
ISBN : 9782811107925

N°1 :

Ethnicité et nationalisme en Iran. La cause azerbaïdjanaise

RIAUX Gilles (17/02/2012)
Ethnicité et nationalisme en Iran. La cause azerbaïdjanaise

La quête de puissance de l'Iran est souvent expliquée par l'unité de la nation iranienne, gage de ses ambitions stratégiques au Moyen-Orient. Pourtant l'Iran reste un pays marqué par une profonde diversité ethnique où les Persans ne représentent qu'une majorité relative. Une telle diversité oblige à repenser la question de l'ethnicité et du nationalisme en Iran. En raison de leur poids démographique et de leur rôle politique, l'exemple des Azéris rend compte de la participation des groupes ethniques aux institutions étatiques, comme aux mouvements contestataires.
Loin des lieux communs sur les conflits ethniques, ce livre montre comment la cause azerbaïdjanaise émerge en contrepoint de la construction de l'État iranien et en lien avec les dynamiques transnationales présentes au Moyen-Orient. À travers ses principales figures, la cause azerbaïdjanaise apparaît comme une modalité de contestation de l'ordre politique imposé par la dynastie des Pahlavis (1925-1979). La République islamique, tout en reconnaissant la diversité culturelle du pays, doit faire face aux demandes de reconnaissance des principaux groupes ethniques. Après la mort de l'ayatollah Khomeyni, la politisation des enjeux culturels et la radicalisation des revendications azerbaïdjanaises concourent à faire de la question ethnique un enjeu majeur pour la République islamique.
Fondé sur une enquête de terrain approfondie, l'ouvrage contribue à la compréhension de la question ethnique en Iran. Sa problématique, rigoureuse et originale, revêt une dimension comparative qui renouvelle les travaux sur les usages de l'ethnicité et les mobilisations identitaires dans les contextes non démocratiques.

L’auteur

Docteur de l'Université Paris 8, Gilles Riaux est chargé d'étude à l'Institut de Recherche stratégique de l'École militaire et chercheur associé au CNRS - Monde iranien et indien (UMR 7528).
ISBN : 9782811105556

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Deux projets franco-allemands lauréats de l’ANR DFG

Échos de la recherche - L’Agence nationale de la recherche et la Deutsche Forschungsgemeinschaft ont publié la liste des projets lauréats pour l’édition 2016 de l’appel à projets franco-allemand en sciences humaines et sociales. Parmi les 13 projets financés, 2 projets sont coordonnés par l’EHES (...)(...)

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Journée doctorale CETOBaC - CRAG sur les dynamiques contemporaines dans l’espace turc, balkanique et centre-asiatique

Journée(s) d'étude - Vendredi 27 janvier 2017 - 09:00Pour la deuxième journée doctorale s’intéressant aux recherches sur les espaces turc, balkanique et centrasiatique, le programme s’articule autour de quatre axes qui visent à interroger les facettes multiples des transformations contemporaines (...)(...)

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Workshop Islam Balkanique

Conference - Jeudi 15 décembre 2016 - 09:00Islam in the Balkans.Research perspectives 30 years after L’islam balkanique. Workshop in memory of Alexandre Popovic (1931-2014)Organised by Xavier Bougarel (CNRS, CETOBAC), Nathalie Clayer (CNRS-EHESS, CETOBAC), Fabio Giomi (CNRS, CETOBAC)When Alexand (...)(...)

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