Pôles de recherche |

Les Balkans à l’époque contemporaine

Responsables:  Xavier Bougarel, Nathalie Clayer

Membres:  Matei Cazacu, Fabio Giomi

Associés : Tassos Anastassiadis, Renaud Dorlhiac, Cecilie Endresen, Falma Fshazi, Sylvie Gangloff, Philippe Gelez, Redi Halimi, Bernard Lory, Nikos Sigalas, Galia Valtchinova

Doctorants:  Ioannis Bonos, Gianfranco Bria, Agustín Cosovschi, Catalin Parfene

Au sein de l’équipe du CETOBaC, l’intérêt pour le Sud-Est européen remonte aux années 1950‑1960 et aux travaux de chercheurs s’intéressant à l’Empire ottoman et à ses contacts avec l’Empire russe, tels Alexandre Bennigsen et Gilles Veinstein. Les travaux qu’Alexandre Popovicavait lancés dans les années 1970 sur les musulmans de l’Europe du Sud-Est ont sensiblement contribué à élargir ces recherches vers l’histoire des musulmans de cette région aux époques ottomane et postottomane. Par la suite, grâce à l’apport d’autres chercheurs aux profils différents, l’étude des Balkans contemporains a connu un développement important au sein du CETOBaC, considérant divers aspects de l’histoire politique, sociale et culturelle de cet espace au XIXe et XXe siècles. Développé grâce aux activités de chercheurs travaillant sur des espaces impériaux, le pôle « Les Balkans à l’époque contemporaine » est donc bâti autour de la question du passage des empires aux États-nations et de celle de la circulation des personnes, des idées et des biens dans des espaces macrorégionaux vastes, traversant et dépassant les frontières étatiques.

Construction nationale et étatique

 

Une partie des recherches a comme objectif celui d’opposer aux visions simplistes et essentialistes de la « question nationale » dans les Balkans des analyses pointues de la formation des identités nationales et de l’État à travers des processus à la fois locaux et transnationaux. X. Bougarel, en ce moment rattaché au Centre Marc-Bloch (Berlin), est en train de terminer son habilitation à diriger des recherches intitulée « Islam, identités nationales et allégeances politiques en Bosnie-Herzégovine 1878‑2010 ». Le cas des musulmans de Bosnie-Herzégovine permet de relativiser l’idée d’un passage linéaire et inexorable des empires aux États-nations et souligne que certaines pratiques et représentations héritées d’un contexte impérial peuvent se perpétuer dans un contexte postimpérial. N. Clayer prévoit de son côté de rédiger un ouvrage sur Pouvoir, religion et construction étatique dans l’Albanie de l’entre-deux-guerres, à travers la question de la séparation de l’Église et de l’État. Avec F. Giomi et Emmanuel Szurek(Princeton University), ils préparent un ouvrage collectif sur l’histoire transnationale du kémalisme, dans le cadre de l’ANR « Transfaire – Matières à transfaire. Espaces-temps d’une globalisation post-ottomane ».Ph. Gelez travaille quant à lui sur les réformes agraires dans les Balkans aux XIXe et XXe siècles et leurs enjeux économiques, politiques et sociaux.

Histoire du fait religieux

 

Un deuxième volet des recherches porte sur l’histoire du fait religieux, notamment en continuité avec les travaux pionniers de A. Popovic sur l’histoire des communautés musulmanes de l’Europe du Sud-Est. G. Bria effectue ainsi une thèse en cotutelle sur les confréries mystiques musulmanes dans l’Albanie postcommuniste. Plusieurs recherches se concentrent sur les modalités par lesquelles les États du Sud-Est européen ont géré la pluralité confessionnelle au fil du XIXe et du XXe siècle, insistant sur l’importance des évolutions dans les deux empires et dans les États-nations. Dans le cadre de l’ANR « Transfaire – Matières à transfaire », T. Anastassiadis, N. Clayer et F. Giomi organisent ainsi une journée d’étude et une publication collective sur ce sujet.

Cultures associatives, politisations, sociabilités

 

Un autre volet de recherche porte sur les réseaux associatifs – philanthropiques, religieux, nationalistes, féministes mais aussi diasporiques, sportifs ou de loisirs. Dans la mesure où ils réunissent et confrontent des individus très dissemblables autour d’une large gamme d’activités et de différents modes de mobilisation, les associations sont étudiées comme des lieux fondamentaux d’apprentissage du politique et comme une arène où détecter le renouvellement des formes de sociabilité.

Un cycle de séminaires, animé par N. Clayer et F. Giomi en 2014‑2015, et une journée d’étude organisée par ce dernier, seront l’occasion de réfléchir autour de ces questions. F. Giomi est en train de terminer la rédaction d’un ouvrage en anglais sur les femmes musulmanes et la culture associative dans la Bosnie postottomane. C. Parfene effectue une thèse en cotutelle sur les rapports entre football, politique et nationalisme dans la Roumanie communiste, tandis que A. Cosovschi, également inscrit en cotutelle, entame un travail de thèse sur les derniers Yougoslaves. Quant à I. Bonos, il travaille sur la presse des musulmans de la Thrace grecque dans l’entre-deux-guerres.

Guerres et violences

 

Un quatrième volet de la recherche vise à s’opposer à l’image de sociétés balkaniques intrinsèquement violentes en s’intéressant précisément aux acteurs de la violence et aux processus sociaux, politiques et culturels qui sous-tendent la montée de la violence ou, au contraire, sa décrue, et sur les effets sociaux, politiques et culturels en retour. Au-delà, il s’agit aussi de réintroduire le cas balkanique, trop souvent négligé, dans les grands débats sur la violence et la guerre dans l’Europe du XXe siècle.

X. Bougarel entend ainsi mener à terme ses recherches sur la 13e division SS « Handschar », créée en 1943 et composée d’officiers allemands et de soldats bosniaques, et publier un ouvrage sur ce sujet. De leur côté, N. Sigalas et N. Clayer participent à l’enquête sur les marges et la violence dirigée par Hamit Bozarslan, transversale au CETOBaC.

Un programme doit débuter en 2015 sur les nouvelles approches de l’histoire de la seconde guerre mondiale et ses prolongements en Yougoslavie, en Grèce et en Albanie (1939‑1949).

L’équipe accueille annuellement entre un et trois étudiants en master travaillant sur les Balkans. Pour les thèses, des cotutelles ont été signées avec des universités en Italie, en Roumanie et en Argentine.

Enseignements

 

Les enjeux de la terre, du territoire et de l’espace dans le Sud-Est européen (X. Bougarel, N. Clayer, B. Lory).

Pour une histoire des mouvements sociaux dans le Sud-Est européen aux XIXe et XXe siècles  (N. Clayer, F. Giomi).

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