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Balkans contemporains

Responsables : Xavier Bougarel

Membres : Xavier Bougarel, Nathalie Clayer, Fabio Giomi, Andreas Guidi

Associés : Tassos Anastassiadis, Agustin Cosovschi, Renaud Dorlhiac, Cecilie Endresen, Falma Fshazi, Sylvie Gangloff, Stefano Petrungaro, Nikos Sigalas, Galia Valtchinova

Doctorants : Elif Becan, Mehdi Belasri, Gianfranco Bria, Markenc Lorenci, Darko Majstorović, Julia Nietsch, Jovana Papović, Dragana Prvulović, Dunja Resanović

Au sein du CETOBaC, les recherches sur l’Europe du Sud-Est remontent aux années 1950-1960 et aux travaux de chercheurs s’intéressant aux rapports entre l’Empire ottoman et l’Empire russe, tels Alexandre Bennigsen et Gilles Veinstein. A partir des années 1970, les travaux d’Alexandre Popovic sur les musulmans balkaniques à l’époque post-ottomane ont aussi contribué à accroître l’intérêt de l’équipe pour l’histoire récente de la région. Par la suite, grâce à l’apport de chercheurs aux profils différents, l’étude de l’Europe du Sud-Est a connu un développement important au sein du CETOBaC, tenant compte de ses différents aspects politiques, sociaux et culturels aux XIXe et XXe siècles. Cette approche a conduit les membres du CETOBaC à aborder les sociétés balkaniques contemporaines dans leurs dimensions impériales (ottomanes et habsbourgeoises) et post-impériales. Ils cherchent aussi à sortir des cadres nationaux très prégnants dans la région, en prenant en compte les échelles locales et transnationales dans l’analyse de la formation de l’État moderne et des identités nationales. Enfin, au cours des dernières années, les membres du CETOBaC ont encouragé une histoire par le bas consacrée à des acteurs longtemps négligés par l’historiographie existante (femmes, jeunes, acteurs religieux, etc.), et ont participé aux activités de l’Association française d’études sur les Balkans (AFEBalk). Les recherches du champ « Balkans contemporains » s’articulent autour de cinq axes : histoire du fait religieux ; guerre et violence; mouvements sociaux et faits associatifs; circulations et jeux d’échelle; approches biographiques.

Histoire du fait religieux
 

Cet axe est le plus ancien du champ « Balkans contemporains », et peut se diviser en deux sous-axes : État, identité nationale et institutions religieuses d’une part, gestion du pluralisme religieux d’autre part. En ce qui concerne le premier point, Nathalie Clayer et Xavier Bougarel ont publié deux ouvrages de synthèse et de nombreux articles sur l’islam en Europe du Sud-Est. Nathalie Clayer a travaillé sur les origines du nationalisme albanais, et Xavier Bougarel sur les rapports entre islam et identité nationale musulmane/bosniaque. Sur le second point, Nathalie Clayer, Fabio Giomi et Tassos Anastassiadis ont animé, dans le cadre du projet ANR Transfaire, un groupe de travail sur le pluralisme religieux. Enfin, Cecilie Endresen et Galia Valtchinova travaillent sur les transformations récentes du fait religieux en Albanie et en Bulgarie. Parmi les doctorants, Gianfranco Bria poursuit ses recherches sur islam et soufisme en Albanie.

Guerre et violence
 

Les membres du champ « Balkans contemporains » s’opposent à l’idée de sociétés balkaniques intrinsèquement violentes et étudient tant les transformations sociales, politiques et culturelles expliquant les variations de la violence que l’impact de celle-ci sur les sociétés locales. Xavier Bougarel a travaillé sur les guerres des années 1990 et s’intéresse maintenant à l’histoire sociale de la Seconde Guerre mondiale. Nathalie Clayer a participé au projet dirigé par Hamit Bozarslan sur marges et violence. Nikos Sigalas a travaillé sur l’« ingénierie démographique » dans l’espace post-ottoman et Renaud Dorlhiac s’intéresse au Front d’Orient pendant la première Guerre mondiale. Enfin, deux doctorants préparent une thèse sur ces questions de violence : Darko Majstorović sur les guerres balkaniques, et Markenc Lorenci sur les partisans albanais pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mouvements sociaux et fait associatif
 

Au cours des dernières années, cet axe a pris une importance croissante, traduisant un vif intérêt pour l’étude des transformations des sociétés de l’Europe du Sud-Est. Après avoir travaillé sur la question féminine dans la Bosnie-Herzégovine de l’entre-deux-guerres, Fabio Giomi s’intéresse avec Stefano Petrungaro aux relations entre fait associatif, genre et protection sociale. Avec Nathalie Clayer, il prépare un ouvrage sur acteurs religieux et fait associatif. Falma Fshazi a soutenu une thèse sur l’organisation de la jeunesse dans l’Albanie de l’entre-deux-guerres, et plusieurs doctorants travaillent aussi sur le fait associatif : Jovana Papović sur le mouvement des « Sokols » dans l’entre-deux-guerres, Julia Nietsch sur les associations au Kosovo depuis 1999, et Mehdi Belasri sur associations et espace urbain en ex-Yougoslavie. Enfin, Nathalie Clayer et Fabio Giomi animent à l’EHESS un séminaire intitulé « Le fait associatif à l’épreuve des acteurs religieux / du religieux. Réseaux, circulations et échanges en Europe du Sud-Est aux XIXe-XXIe siècles ».

Circulations, trajectoires et jeux d’échelle
 

La question des circulations, des trajectoires et des échelles occupe une place importante dans les travaux du champ « Balkans contemporains ». Nathalie Clayer participe à un projet sur l’exploitation de la mine de Selenica (Albanie) de l’Antiquité à nos jours et prépare un ouvrage sur l’Albanie de l’entre-deux-guerres, au-delà et en-deçà de l’État-nation. Dunja Resanović prépare une thèse sur espace urbain et construction nationale à Belgrade au début du XXe siècle, et Elif Becan écrit sa thèse sur la catégorisation des étrangers dans la Turquie républicaine, en s’intéressant plus particulièrement au cas des Albanais. Andreas Guidi conduit une recherche post-doctorale sur le rôle du commerce illégal dans la fabrication d’un espace méditerranéen oriental et Agustin Cosovschi mène une recherche post-doctorale sur la Yougoslavie et le non-alignement. Nathalie Clayer prépare un livre sur vivre, penser et agir dans l’Empire ottoman à travers la trajectoire de Shemseddin Sami Frasheri. Avec Xavier Bougarel et Bernard Lory elle anime à l’EHESS un séminaire sur « Les sociétés sud-est-européennes des XIXe-XXIe siècles au prisme des trajectoires individuelles ».

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