Membres du Centre | Étudiants

Hira KAYNAR

Portrait KAYNAR Hira
Étudiant-(e) en doctorat
Discipline : Sociologie
Institution(s) de rattachement : EHESS
Laboratoire(s) de rattachement : CETOBaC

Coordonnées professionnelles

hirakaynar[at]gmail.com

Directeur de thèse : Hamit BOZARSLAN

Projet de thèse : La construction mémorielle du génocide arménien, une étude comparative entre les Arméniens de France et de Turquie.

Cette  recherche a pour principal objectif de décrypter la construction mémorielle collective du génocide arménien chez les Arméniens de Turquie et de France en accentuant le caractère différent entre la connaissance historique et la conscience historique, qui nécessite, sans doute, une fine analyse de la mémoire collective, notamment celle du génocide arménien.
Pendant cette recherche, en suivant les travaux de Maurice Halbwachs, nous insisterons d’une part sur le lien existant entre l’identité collective et la mémoire collective, d’autre part sur la distinction entre la mémoire collective et la connaissance historique, en soulignant le caractère ahistorique de la mémoire collective. Nous allons privilégier l’analyse des préoccupations actuelles qui ont amenés la mémoire du génocide arménien en Turquie et en France car en suivant l’approche de Halbwachs, nous partageons l'idée que certaines préoccupations actuelles (présentes) déterminent ce dont on se souvient et comment on s’en souvient. La mémoire collective réduit en effet « les événements à des archétypes mythiques », refusant par là d'acter le passage du temps et acceptant une présence continue de l’événement.
L’intérêt de mener une recherche comparative entre les Arméniens de Turquie et de France, résiste dans notre volonté de montrer « la fabrication et l’utilisation »  de la mémoire collective dans des différentes conjonctures importantes.
En partant de cette approche, nous allons mener une recherche comparative afin de montrer comment s’est réalisée la transmission de la mémoire collective entre les générations, ainsi qu’une refondation du soi collective après le génocide arménien.
L’échantillonnage sera construite par deux groupes essentiels, l'un doté d'une visibilité publique (disposant un capital culturel, social, économique), parmi eux on y trouve des journalistes, des acteurs des associations et des fondations, l'autre groupe défavorisé de cette visibilité publique sera composé d’acteurs venant des différents milieux socio-professionnels ne disposant de cette visibilité.
En tenant compte la différenciation entre la connaissance historique et la conscience historique nous insisterons sur la fonction régulatrice de la connaissance historique sur la société qui fera naître la conscience collective. La conscience collective et la mémoire collective étant des produits sociaux joueront un rôle important dans l'établissement du lien entre la communauté/ le groupe et l'identité de ce dernier. Ajoutons que le concept de mémoire collective est souvent perçu comme une représentation de valeurs, de croyances et de traditions qui unissent les individus par le biais d’un passé qui est partagé, créant une certaine relation complexe avec l’acquisition et la transmission de pouvoir dans les sociétés.
La mémoire, les souvenirs se communiquent et le premier stade de cette communication se réalise au sein de la famille par le biais d'une transmission. L'héritage de la mémoire et des souvenirs des autres et même sur leur propre passé auront lieu au sein de la famille. De ce fait, nous insisterons sur la transmission de la mémoire du génocide dans le processus de la construction mémorielle. Nous allons nous intéresser sur l'aspect générationnel de la transmission de l'héritage de la mémoire traduisant parfois par l'héritage du silence, lié à une certain « amnésie volontaire », une amnésie pour s'accrocher à la vie chez les Arméniens ou comme le disait Nicole Lapierre faire avec le « poids du passé ». Il nous sera ensuite intéressant d'analyser les conflits mémoriels, notamment le conflit entre deux différents types de mémoires, la mémoire collective et la mémoire individuelle, « le poids du passé » contre « le capital mémoriel ».
Toute mémoire personnelle ne conduit pas à l'élaboration d'une mémoire collective, en effet, la mémoire individuelle nécessite un travail de sélection pour devenir mémoire collective. Ce travail de sélection et de diffusion se fait par le biais des « entrepreneurs de mémoire », c’est-à-dire  par des acteurs qui agissent au nom de leur groupe d’appartenance. Deuxièmement ce sont les pouvoirs politiques et publics qui cherchent à offrir des représentations mémorielles. Nous insisterons sur le caractère « construite » de la mémoire collective, sur sa naissance d'un discours d'histoire collective et son alliance au mythes. Nous essayerons de voir comment cette mémoire collective cherche à remplacer l'histoire factuelle et la mémoire réelle.
Dans notre recherche, nous allons privilégier la méthode qualitative, un choix qui s'explique par notre ambition d’explorer avec les enquêtés, ce qui est le plus profond, le plus intime, ce qui paraît impossible avec la méthode quantitative. Le guide d'entretien préparé pour cette recherche comportera des questions formulées autour de grands thèmes (la socialisation, les préférences politiques, la construction de la mémoire etc.) mais qui ne sont pas structurées d’avance, pour laisser plus de liberté  aux enquêtés. Une grande place sera accordée aux récits de vie (des récits de l’histoire personnelle à l’histoire collective), de ce fait nous envisageons un travail d’analyse de discours, enrichie par l'observation participante.
Du fait que les Arméniens sont un peuple opprimé et victime d’une injustice en Turquie, le terrain de la recherche sera difficile et conflictuel, qui nous nécessitera un travail en tant que chercheuse, nous devons nous soumettre aux exigences d’un code spécifique. Il s’agira d’un travail d’objectivation et du mimétisme. Face à la plus grande difficulté de la recherche ; le grand silence, le refus de s’en souvenir d’un massacre, d’une histoire triste, voire une certaine réticence face à une enquêteuse Turque, la recherche exige de nous non seulement une distance axiologique stricte dans la préparation, la réalisation et l’interprétation des entretiens, mais aussi de travailler sur la question de la confiance, un travail de « présentation de soi » en tant que chercheuse.

Terrain(s)/Aire géographique

  • Turquie
  • France
  • L'Empire Ottoman
  • L'Arménie

Thèmes de recherches

  • Mémoires collectives/ individuelles
  • Sociologie du trauma
  • Usages du passé
  • Socio-histoire des Arméniens
     
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